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Le Vanadium (V)


La présence de vanadium dans le corps humain est indiscutable. Son influence activatrice ou inhibitrice sur de nombreux enzymes est connue. Mais il n’a pas été prouvé de manière irréfutable que les effets dune carence alimentaire en V peuvent être compensés par une supplémentation correspondante. L’essentialité de cet élément est donc mise en doute.

Notions de  chimie
 
Le V est un métal ubiquitaire disséminé dans un grand nombre de minéraux et de roches diverses. Environ 90% de la production mondiale sont utilisés pour la fabrication d’alliages spéciaux. La combustion des charbons et mazouts en libère des quantités importantes dans l’atmosphère. Il est donc considéré comme un facteur de pollution dans les régions industrielles.
Il présente quelques analogies avec le phosphore (P ) avec qui il peut entrer en compétition dans l’organisme.

Sources alimentaires et besoins
 La teneur des aliments en V est très variable selon les régions, les techniques de dosage et les auteurs.
 Il apparaît cependant que dans le règne végétal, les racines et tubercules (carottes, pommes de terre) ont à peu près la même concentration que les sols qui les ont portés. Ces concentrations sont très faibles. La teneur moyenne dans les plantes supérieures est de 0,16 ng (nanogramme)/g de poids frais soit environ 1ng/g de poids sec.
 En revanche certains végétaux ou champignons (l’amanite tue-mouche, toxique pour l’homme, par exemple), sont des accumulateurs naturels de vanadium.
 Les aliments d’origine animale, à l’exception du lait, contiennent des taux relativement élevés de V. Les apports les plus importants proviennent du foie de bœuf et des poissons.
 On trouve aussi des taux élevés dans le pain, les céréales, les huiles végétales et les épinards.
 Enfin, l’atmosphère est une source non négligeable. Ainsi, dans les grandes villes, un homme de 70kg peut inhaler chaque jour de 0,05 à 4 mcg de vanadium.
 Les besoins humains n’ont pas encore pu être chiffré.

Combien dans l’organisme
 D’après les  estimations les plus sûres, le corps humain contient environ 100 mcg (microgramme) de V, mais cette quantité peut être double dans les grandes agglomérations.
 Une part importante se trouve dans les tissus mous, en premier lieu dans les poumons, le tissu adipeux et les intestins. Il est aussi présent à des concentrations importantes dans les os, les dents et les cheveux.
 Le sérum contient environ 70% du V sanguin.

Cycle du Vanadium
 
Peu de données existent sur l’absorption du V. Son taux, dans le tube digestif, est influencé par de nombreux facteurs nutritionnels et par son état d’oxydation dans l’alimentation. L’absorption pulmonaire est parfois plus importante que l’absorption digestive et peut induire des intoxications.
La nature du transport protéique de V n’a pas encore été établie. La transferrine semble bien jouer un rôle sans toutefois être le transporteur actif.
Dans les cellules, le V serait complexé à des protéines et à des petites molécules. Il est distribué dans tout l’organisme avec des variations de concentrations selon les organes.
La majeure partie du V apporté par l’alimentation se retrouve dans les selles puisqu’elle n’a pas été absorbée.  
Rôles du Vanadium
 
Les nombreux effets métaboliques de cet oligoélément son probablement liés à son rôle inhibiteur ou activateur de diverses enzymes. Il intervient en effet sur plusieurs métabolismes.
Très concentré dans les tissus graisseux, il joue un rôle dans la synthèse du cholestérol. Sa carence entraîne en effet une hypercholestérolémie et son administration à l’homme jeune fait baisser le taux du cholestérol. Ce phénomène n’est pas observable chez le suet âgé. Le V pourrait donc être un facteur de protection vis-à-vis des maladies cardiovasculaires.
Il inhibe plusieurs enzymes du métabolisme des sucres et aurait un rôle dans la régulation de ces phénomènes grâce à des propriétés rappelant celle de l’insuline (hormone qui régule la pénétration du glucose dans la cellule).
Il intervient dans la formation et la croissance du tissu osseux. Les carences en V entraînent des raccourcissements et des épaississements des os. A l’aide de V radioactif, on peut observer sa fixation rapide au niveau des dents et des os, principalement dans les zones en voie de minéralisation. Il pourrait y avoir substitution du vanadium au phosphore de l’apatite.
 Le V pourrait jouer un rôle dans la régulation des «pompes à sodium et à calcium» qui régulent l’entrée et la sortie de ces eux ions dans les cellules.

Excès et carences
 
Aucune pathologie liée à une carence en V n’a jamais été décrite chez l’homme, et bien qu’il puisse provoquer une intoxication expérimentale mortelle chez l’animal, il s’avère peu toxique chez l’homme. Il a d’ailleurs pu être utilisé en thérapeutique jusqu’à des doses de 4,5mg/jour sous forme d’oxytartrovanadate. Toutefois des doses supérieures à 10 mg/jour entraînent des troubles gastro-intestinaux et l’apparition d’une couleur verte de la langue.
Pour l’homme, le seul risque est lié à la présence de ce métal ou de ses dérivés en suspension dans certaines atmosphères industrielles. L’intoxication aiguë se manifeste par des atteintes respiratoires, intestinales et cutanéo-muqueuses. Dans les intoxications chroniques apparaissent une coloration verte de la langue, des troubles hépatiques, rénaux, nerveux, pulmonaires et, parfois, une anémie et une baisse des globules blancs.

Indications
 Dans l’état actuel de nos connaissances sur le vanadium, son administration reste dans le cadre de la recherche en médecine.


©2006 Nutrassur.com / Dr Gérard Pacaud - Dernière mise à jour le :  Thursday, 7 September 2006@19:09